Depuis son accession à l'OMC en 2001, la Chine renforce continûment la protection de la propriété intellectuelle, et la réparation punitive en est devenue l'instrument le plus spectaculaire. Introduite en 2013 dans la loi sur les marques (article 63, jusqu'au triple des dommages), portée au quintuple par la réforme de 2019, elle a été généralisée à toutes les atteintes à la propriété intellectuelle par l'article 1185 du code civil de 2020. Restait à en encadrer l'application : après les lignes directrices de la cour supérieure de Pékin (21 avril 2020), la Cour populaire suprême a publié le 3 mars 2021 son interprétation sur l'application de la réparation punitive, à valeur quasi normative. Deux critères cumulatifs : l'intention (mauvaise foi de celui qui, compte tenu de sa position ou de la notoriété de la marque, ne pouvait ignorer les droits, ou persiste après notification) et la gravité (fréquence, durée, ampleur de la diffusion, profits, dangerosité des produits, degré de coopération). Les titulaires de marques disposent ainsi d'un levier dissuasif inédit devant les juridictions chinoises.