L’affaire « France.com » a marqué les esprits — elle constitue peut-être aussi un tournant dans le régime juridique des noms géographiques d’importance nationale. Le droit international leur offre peu : l’article 6ter de la Convention de Paris protège drapeaux et emblèmes, non les noms de pays, et l’accord ADPIC est muet. Depuis les années 2000 et l’essor du nation branding, les États revendiquent un contrôle souverain sur leurs noms : le GAC de l’ICANN a recommandé dès 2007 d’éviter l’enregistrement des noms de pays, et la Specification 5 les soumet, dans les nouveaux gTLDs, au consentement des gouvernements — mais sur 94 États concernés, dix seulement ont expressément renoncé à leur réservation. L’arrêt de la Cour de cassation du 6 avril 2022, faisant du nom « France » un élément de l’identité de l’État, renforce la lecture souveraine. Les extensions blockchain comme .ETH, hors de tous ces garde-fous, rouvrent la question entière — bien commun ou monopole privé ?